«La Révolte des mabawas» semaine 3

Le fil Mayotte dans le chaos est ici   
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Lundi 10/10: Le mouvement contre la vie chère entame sa troisième semaine...
La fermeture des commerces a entraîné la pénurie et la population mahoraise doit maintenant faire avec ce qui reste dans les congélateurs. Les grilles des magasins pourraient voler en éclats, les barrages des émeutiers forcés, une guerre civile pourrait venir si le préfet, Thomas Degos, accusé de mettre de l'huile sur le feu, continue à exaspérer la population. Le 1er vice-président du Conseil Général, Ibrahim Aboubacar a demandé la démission du préfet.
Un enfant de 9 ans, blessé par le tir d'un flash-ball tiré par un gendarme, a été opéré à Saint-Pierre de La Réunion. La journée d'hier était plus calme dans le chef-lieu, des commerces de proximité et des restaurants ont ouvert.  « C’était comme ça aussi le week-end dernier. Les gens restent calmes, ils essayent de trouver des provisions pour la semaine qui vient, car ils savent que tous les magasins seront fermés », a expliqué Saïd, un jeune travailleur social. 
« En première ligne des affrontements, de jeunes Comoriens, arrivés illégalement sur l’île et dont les parents ont été reconduits à la frontière. Livrés à eux-mêmes, complètement exclus de la société, ils laissent éclater leur frustration lors des manifestations. Période de vacances scolaires aidant, ils sont rejoints par des écoliers mahorais désœuvrés. Des actions condamnées par les manifestants à la base de la protestation mais qui, dans les faits, entretiennent le mouvement.» a rapporté aujourd'hui la chaîne TV Mayotte.la.1ère. 
La grève a repris aujourd'hui, elle est prolongée jusque jeudi, jour de reprise des négociations.  
A Mamoudzou, les magasins ouverts sont pillés.  
A Kawéni,  plusieurs centaines de manifestants ont été repoussés par les forces de l'ordre.
Les derniers heurts ont eu lieu à la tombée de la nuit dans le centre-ville de Mamoudzou.
Mayotte-viechère.com
Alors qu'une délégation s'est envolée pour La Réunion afin de comparer les prix, le Collectif des indignés de Mayotte a créé le site Mayotte-viechère.com qui s'est donné 2 objectifs:
- reccueillir les réactions de la population de Mayotte sur le combat de la vie chère
- proposer un comparatif des prix entre Mayotte, La Réunion et la Métropole.
Le site donne également des informations sur les barrages.
Rue89: ici   


Mardi 11/10:  
L'enfant de 9 ans blessé par un tir de fash-ball a perdu l'usage de son oeil
Le garçon de 9 ans blessé par un tir de flash-ball vendredi à Longoni, cité portuaire de Mayotte « a perdu l’usage d’un oeil » a précisé le procureur Philippe Faisandier.
Une information judiciaire a été confiée à un juge d’instruction pour « violences sur mineur de 15 ans avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions, violences ayant entraîné une incapacité permanente » .
Un gendarme, affecté à la brigade territoriale de Mamoudzou, a été placé en garde à vue hier. Il a été présenté au juge cet après-midi. Mis en examen, il est reparti libre et a été placé sous contrôle judiciaire.
 « La reconstitution et les auditions me font penser que nous sommes en présence d’un tir volontaire, mais que ses conséquences n’étaient pas souhaitées... Il semble qu’il s’agisse d’un tir de protection d’un gendarme qui se sentait menacé. »  a déclaré le procureur. Mais un témoin a une version totalement différente des faits.
sources: Mayotte.la1ère , Témoignages.re, Linfo.re, Clicanoo, Antenne Réunion


La Réunion, base arrière de la répression
8 policiers du GIPN et 26 de la compagnie départementale d’intervention ont été envoyés de la Réunion. Un escadron de gendarmes mobiles de la métropole est également venu en renfort.
« L’Histoire se répète : La Réunion est utilisée comme base de fournitures de moyens militaires à l’encontre des jeunes Mahorais. Cela nous ramène à 1947, lorsque notre île a servi de réservoir militaire et de support logistique pour écraser une manifestation malgache qui s’est conclue par 100.000 morts et 5000 arrestations. Certains manifestants furent même condamnés à mort.»  Un rappel à l'Histoire par Témoignages.re dans son éditorial d'aujourd'hui.  
sources: Clicanoo, Témoignages.re
Fash-ball: un témoignage contredit les propos du procureur de Mayotte
Un gendarme, affecté à la brigade territoriale de Mamoudzou, a été placé en garde à vue lundi pour avoir blessé gravement un garçon de 9 ans avec un flash-ball. L'enfant, opéré à l'hôpital de Saint-Pierre de La Réunion, a perdu l'usage de son oeil. Le gendarme a été présenté devant un juge d'instruction hier après-midi. Mis en examen, il est reparti libre et a été placé sous contrôle judiciaire. 
« La reconstitution et les auditions me font penser que nous sommes en présence d’un tir volontaire, mais que ses conséquences n’étaient pas souhaitées... Il semble qu’il s’agisse d’un tir de protection d’un gendarme qui se sentait menacé. »  a déclaré hier Philippe Faisandier, le procureur de Mayotte. 
Retranscription de la bande son du journal d'Antenne Réunion du mardi 11 octobre:
Les faits se sont déroulés vendredi après-midi à Longoni en Grande Terre. Alors que des manifestants sont rassemblés autour d'un barrage routier, le directeur du port aperçoit un groupe d'enfants courant sur cette plage et les soupçonne de s'en prendre aux installations. C'est lui qui appelle les gendarmes. A leur arrivée, ces derniers essuient des jets de pierres selon le procureur. Ils font usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants et c'est dans ce contexte que serait parti le tir.
Mais ce témoin a une version totalement différente des faits:

« J'ai vu un 4x4 de la gendarmerie s'arrêter, un gendarme est descendu. Il a sorti une arme, il l'a pointée en direction des enfants et il a tiré. Le petit est tombé par terre. Le gendarme qui a tiré, n'est pas allé lui porter secours. Il est retourné dans la voiture. » Dimanche, une reconstitution a eu lieu dans ce virage à l'endroit même où s'est joué le drame. Le gendarme, qui a reconnu avoir tiré, a été présenté à un juge hier soir. Il a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire.
sources: Antenne Réunion

Mercredi 12 octobre: J-1 avant la reprise des négociations
La situation semble moins tendue, peut-être parce que les forces de l’ordre se font plus discrètes rapporte Linfo.re. Hier et aujourd'hui, aucun incident majeur n’a été signalé.
Le président du Conseil Général, Daniel Zaïdani, a écrit une lettre à Nicolas Sarkozy, dans laquelle il rappelle en préambule que Mayotte est « le territoire de la République où les revenus moyens par habitant sont les plus bas et où les prix sont les plus hauts. »
Il souligne que « la réponse de l’Etat apparaît injuste et incompréhensible aux yeux de la population. Elle semble se résumer à une mobilisation massive de moyens de maintien de l’ordre avec des réactions disproportionnées, comme lors de la manifestation des élus de Mayotte du samedi 8 octobre... La crise actuelle n’est pas un accès de fièvre. Elle est le symptôme de réelles tensions et de déséquilibres déjà intolérables dont l’aggravation serait dramatique. »
Daniel Zaïdani demande au Président de la République « d’intervenir personnellement avant qu’il ne soit trop tard. »
Jeudi 13 octobre:  
une Mahoraise flash-ballée en pleine tête hier
Dans son communiqué d'hier, la CGT accuse le gouvernement de jouer la carte du pourrissement à Mayotte.Les négociations suspendues depuis samedi dernier doivent reprendre aujourd'hui. Le garçon de 9 ans blessé par un tir de flash-ball est toujours hospitalisé à Saint-Pierre de La Réunion. Un comité de soutien a été créé pour aider à payer le billet d’avion de la maman.
Hier, une Mahoraise a été touchée à la tête par un tir de flash-ball. C'est le deuxième incident d'une extrême gravité commis par les forces de l'ordre par l'utilisation de flash-balls.
Plus de 10 000 manifestants à Mamoudzou
C'est une journée cruciale pour les Mahorais au 17ème jour de grève générale. La manifestation  à Mamoudzou, qualifiée d'historique, a mobilisé entre 10 000 et 20 000 personnes selon les sources.
Les négociations sont en cours
 Les négociations entre l’intersyndicale, le préfet et le patronat, suspendues depuis samedi, ont débuté en fin d'après-midi. Elles sont toujours en cours et pourraient durer toute la nuit.

Vendredi 14 octobre:  
18e jour de grève, Marie-Luce Penchard à Mayotte aujourd'hui

La ministre de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration, s'est envolée pour Mayotte hier  soir.

 « Dans le contexte des manifestations concernant les prix des produits de première nécessité, la ministre souhaite entendre l'ensemble des acteurs concernés : les organisations syndicales, les associations de consommateurs, les représentants du patronat et les grands élus de Mayotte , a précisé hier le ministère.
 sources: Europe 1
Les négociations ont été suspendues en raison de la venue de la ministre
L'intersyndicale s'entretiendra avec les syndicats dès ce matin à 8h30 heure locale.
Le programme de la ministre: ici
Marie-Luce Penchard a atterri juste avant 8h00, heure de Mayotte.
Arrivera-t-elle à amadouer les Mahorais ? C'est l'enjeu de cette journée. 
Des affrontements, qualifiés de légers par LeMonde.fr, entre des dizaines de manifestants, jeunes et forces de l'ordre ont éclaté ce soir à Mamoudzou à proximité de la place de la République quelques minutes après l'intervention télévisée de Marie-Luce Penchard.  
Une grande surface a été pillée dans le centre-ville en marge d'une manifestation de 4000 Mahorais. La Ministre de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration n'a pas convaincu. Elle a été huée à la fin de son discours. La traduction en shimaoré a été coupée par les manifestants. Le drap blanc, qui avait été tendu pour la retransmission en direct de l'allocution sur la place du marché de Mamoudzou, n'a pas résisté à la colère des manifestants qui l'ont arraché.
Les annonces de Marie-Luce Penchard: ici
 Marie-Luce Penchard a également condamné les leaders syndicaux qui auraient forcé les commerçants à baisser leurs rideaux.
Vous êtes venue troubler la reprise des négociations. Quel échec Madame la Ministre !

sources: TF1.fr,
mayotte.la1ère.fr, LeMonde.fr, Linfo.re, LeFigaro.fr,Mayotte Hebdo,Twitter

Samedi 15 octobre:
 
Les négociations ont repris hier à 15h00.   
Le petit Mahorais toujours hospitalisé à Saint-Pierre de La Réunion a confié à la presse:
Je jouais à la plage avec des amis ... » raconte tout doucement le petit garçon. « Il y a deux camionnettes de gendarmes qui sont venues. Il y avait quatre gendarmes. Il y en a un qui m’a attrapé. J’ai couru. Un autre est retourné à la voiture, il a pris l’arme et tiré. » Quand on lui demande s’il l’a visé, il répond :  «  Oui   »  S’il se rappelle du gendarme ? « Un Blanc, plutôt costaud. » sources:  Clicanoo 
 
Dimanche 16 octobre:
Le courrier n'arrive plus et ne quitte plus Mayotte
sources: @MayotteHebdo
Dans un communiqué, la Poste a indiqué que la distribution des colis et du courrier est interrompue sur notre île. Indiquant que la date de reprise de la distribution n’est pas connue, elle invite ses usagers à différer leurs envois à destination de Mayotte.
sources: Mayotte Hebdo
Négociations suspendues
Les négociations ont repris hier vers 15h00 entre les représentants syndicaux, de la grande distribution, des associations des consommateurs, les petits patrons et la Préfecture... mais aucun accord n'a été conclu. Ca piétinne sec du côté patronat ! C'est la rentrée scolaire demain...
sources: Linfo.re
Rentrée scolaire perturbée demain ?
Selon le préfet « les leaders ont signalé que la rentrée scolaire n'interfèrerait en rien avec le mouvement ».
 sources: comoresonline.net 
Pas de primaire PS à Mayotte  
sources:  Twitter


Pour en savoir plus
  • la presse de l'Union des Comores ( Al-Watwan...)