L'affaire des Niktamères de la gendarmerie de Bras-Panon

par feeld  -  9 Juin 2011, 21:55  -  #Fafwatch

La Réunion. Patrick Lebreton, député maire socialiste de Saint-Joseph, a interpellé à l'Assemblée nationale mercredi 8 juin , dans les questions au gouvernement, Claude Guéant, Ministre de l'Intérieur, au sujet de l'affaire des imprimés racistes de la gendarmerie de Bras-Panon désignant les jeunes d'origine maghrébine des banlieues métropolitaines.

" M. le Ministre, il y a deux semaines à l'île de La Réunion, les journalistes ont révélé une affaire scandaleuse. Dans la gendarmerie de Bras-Panon, dans l'est de l'île, un faux portrait-robot, stigmatisant les jeunes d'origine musulmane, était affiché sur un panneau normalement destiné aux avis de recherche. Cette découverte au coeur d'un service public a suscité un très vif émoi. Ainsi ces derniers mois, la libération de la parole raciste et les dérapages de certains agents publics se sont multipliés. A Mayotte, un vice-recteur s'en est même rendu coupable. Un vice-recteur M. le Ministre ! A La Réunion comme ailleurs, on ne peut tolérer que des gendarmes affichent dans un local public des documents racistes. Le préfet a immédiatement et fermement réagi en condamnant ces agissements et en promettant des sanctions. Je salue sa réactivité. Mais je déplore que l'exemple ne vienne pas d'en haut ! Monsieur le Ministre, sous votre gouvernement, un mode de gouvernement malsain s'est installé, c'est apparemment la prime à la discrimination, la prime à la provocation, la prime au dérapage. Cette stratégie du racolement avec les thèses racistes n'est pas seulement inaceptable, elle est aussi inefficace puisqu'elle se traduit depuis quatre ans par des revers électoraux pour votre famille politique et un renforcement de l'extrême droite. Elle se traduit aussi malheureusement par des comportements qu'on n'avait pas coutume d'observer en outre-mer et notamment à La Réunion, terre de métissage et de tolérance qui entend le rester. Je vous demande donc de sanctionner les gendarmes impliqués afin qu'ils n'aient plus l'occasion de distiller le venin de la haine. Je vous demande également, M. le Ministre de l'Intérieur, de mettre un terme à vos dérapages verbaux dont les effets se font ressentir sur tout le territoire français et même à dix mille km de Paris... "

 Mais c'est François Baroin, porte-parole du gouvernement, qui a répondu... 


Concernant le vice-recteur de Mayotte:

En mai, lors d'un débat sur les problèmes d'éducation dans le second degré, retransmis sur les ondes de Kwezi FM, François-Marie Perrin, a ,affirmé au sujet des jeunes Mahorais: "Il y aussi la problématique de l’accent (…), que nos enfants puissent s’exprimer couramment sans accent devant les gens qui vont leur donner un travail et devant l’ensemble de la société". Une phrase largement relayée par la presse mahoraise. Il a argumenté, après coup, son propos comparant "l’accent des mahorais à « l’accent » des jeunes défavorisés de quartiers populaires de la périphérie des grandes villes, pour faire court des banlieues."

Mais aussi, lors d'une réunion paritaire avec des enseignants du second degré sur le thème de l'égalité des chances "il faut comparer ce qui est comparable et qu'on ne peut pas offrir aux enfants Mahorais ce que l'on offre aux enfants Bordelais".

Déjà le 24 fevrier 2011, il aurait soutenu dans une audience syndicale avec la FSU que "Le rythme des constructions scolaires ne pourra jamais suivre le rythme des utérus des Mahoraises…", déclenchant une forte polémique.